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France
Région :
Centre-Val de Loire
Département :
Indre
Arrondissemnt :
La Châtre
-
Canton :
Neuvy-Saint-Sépulchre
Commune :
Mers-sur-Indre
Mers-sur-Indre
Informations
Code INSEE
36120
Code Postal
36230
Gentilé
Mersiens
🇫🇷
Photos
Administratif
Mers-sur-Indre La Motte de Presles (Tumulus). Madame Françoise BALZARD-DORSEMAINE avait fait un joli article sur le sujet, article repris sur le site officiel de la commune : "Sur la route de Saint-Août, à gauche après le square Suzanne Darbant, en quittant Mers-sur-Indre, cette étrange butte herbeuse surmontée de trois chênes a toujours fait vagabonder les imaginations. Depuis plusieurs siècles l’origine est discutée, une chose est certaine, cette motte avait une circonférence de 170 mètres et 26 mettre de haut. Le TUMULUS, était dans la propriété de Presles au moment de gloire de ce lieu. Il était beaucoup plus important qu’actuellement. Le Conseil Général de l’Indre a pris un arrêté le 3 juin 1858 taxant à 15 centimes la voiture, le tirage de sable et la municipalité de Mers pris une délibération le 3 novembre 1889 interdisant tout tirage de sable. Au pied de cette motte à droite, était édifiée une chapelle démolie peu avant 1800 et un cimetière. Sur le sommet une tour où se réfugiait le seigneur, sa famille et sa garde. Maurice Sand y a situé l’histoire de “Calhirhoe”, cette princesse merveilleuse morte il y a 2500 ans; les croyances populaires en ont fait un lieu de légendes : Elle aurait été édifiée avec de la terre de La Berthenoux apportée à la hotte par un ouvrier gagnant un denier par jour; Elle aurait été élevée avec de la terre qu’une vieille femme allait chercher dans son tablier aux “Buttes de l’Âge” à Jeu-les-bois (à cinq kilomètres d’ici) la couleur de la terre serait identique (en tout cas elle n’a pas la couleur de celle de Presles); Le paradis ayant été balayé, les “crasses” déposées à Presles formèrent le tumulus; Et puis cette légende du jour des Rameaux, où chaque année le prêtre, revenant du cimetière, frappe trois coups avec la croix contre la porte de l’église. La porte s’ouvre, le tumulus aussi, laissant apparaître le trésor qu’il abrite, et se referme en même temps que la porte de l’église. Une année un homme s’y est glissé et y fut piégé. Par miracle, il en est sorti l’année suivante Une autre année c’est un enfant qui y fut pris, mais l’année suivante c’est un chien noir qui en ressortit. Qu’est cette bute ? Un tumulus renfermant un tombeau celtique ? possible ! Des pièces de monnaie, des tessons de poterie, une sorte de mortier... ont été trouvés aux alentours. Une motte féodale, une butte sur laquelle s’élevait une tour de garde ? Possible Des études topographiques situeraient là l’emplacement du château féodal de Presles, dans le haut Moyen-Age. Des vestiges d’une chapelle et d’un cimetière sont encore visibles. Motte ou tumulus? Peut-être les deux ! Personne n’a jamais sondé les entrailles et le mystère demeure... Motte féodale ou tumulus Prestes se trouve à deux kilomètres en direction de MERS sur la rive droite de l’lndre et tel que nous pouvons l’imaginer était construit sur la plate-forme, les lieux actuels sans route, sans pont, un passage gué donnant accès dans les prés de la Planche et du Grand Chambon et non loin d’un autre gué qui relie les deux tronçons du chemin de la prairie de l’Aunais, passant devant l’emplacement occupé par l’ancienne chapelle Saint-Jean. Seul vestige existant, l’imposante motte féodale de Presles ou Tumulus où au sommet était construit une tour en forteresse. Cette motte a la forme d’un cône assez régulier de cent soixante dix mètres de circonférence la base et de vingt six mètres d’apothème ou génératrice. Difficile d’attribuer à cette motte de Presles une origine certaine. La Motte aurait été édifiée avec de la terre de LA BERTHENOUX pour certains, pour d’autres, des buttes de l’Age. Mais ce qui est certain, cette terre ne ressemble pas à celle de Presles. Ravnal écrit dans « Histoire du Berry» : “En différents Lieux on retrouve encore les monuments de terres rapportées et de forme conique. tumuli ou tombelles qui paraissaient être d’anciens tombeaux mais dont quelques-uns peuvent appartenir à l’époque gallo-romaine”. La Tramblais (Historien du XIXème siècte) émet une autre opinion à propos du château de Presles : « Au milieu de ces débris, une motte féodale est restée debout, élevée de mains d'hommes. Dans les premiers temps de la féodalité les mottes entraient fréquemment dans le système de construction. On les surmontait d’une tour ou donjon. Cette motte comprend deux enceintes, celle de la cour basse ou préau qui servait de camp aux soldats et vassaux du seigneur et celle qui renfermait la motte, surmontée de sa tour ou donjon, où le seigneur et sa famille et l’élite de ses chevaliers se retiraient ». Donc, nous sommes en présence de deux opinions bien distinctes mais que nous ne serions pas éloignés de la tenir pour vrai toutes deux. En effet, les romains ont laissés des traces de leur passage à presles et dans les environs : - Pièce de monnaie romaine trouvée dans les vignes de gravelles et une autre à Courtioux. - Pierre en forme de meule, incurvée, sorte de mortier, analogue à ceux dont se servaient les peuples primitifs pour écraser le blé. - Hache mise à jour, au sommet du tumulus. Il n’y a rien d’extraordinaire que, par la suite, cette motte ait été utilisée, comme tertre pour l’édificationdu donjon du château de Presles. Presles, terre de mystère, avec sa motte, son ancienne chapelle Saint-jean et Saint-Gilles, autrefois prieuré, dépendant d’une communauté de Malte et dont les substrcutions sont d’une époque plus ancienne que le Moyen Age. Cette chapelle était située à droite. Elle fut démolie peu avant 1800 pour donner du travail aux nécessiteux. A côté d’elle, existait un cimetière. En 1567, les archives de l’Indre laissent comprendre que le château de Presles était écroulé ou démoli. On ne trouve plus ensuite à l’examen du cadastre que la mention « la motte de Presles pacage ». Cette butte de Presles est l’une des mieux conservée du département, malgré enlèvement d’un tier de la masse côté Nord-est . Une délibération du conseil municipal de Mers le 19 février 1913 interdit le prélèvement de sable à cet endroit. Vers le confluent, au environs de 1840, une tréfilerie fabriquait annuellement 400 000 kilos de fil de fer. Une tuilerie existait également sur ces lieux jusque vers 1914. Peut-être un jour, un passionné d’histoire, s’intéressera-t-il au passé prestigieux de Presles et nous donnera des réponses à toutes nos questions (documents tirés des archives de l’Indre). Le tumulus a passionné Maurice SAND Sur la commune de Mers-sur-Indre, se dresse une imposante butte herbeuse coiffée de trois chênes. On la désigne sous le nom de tumulus ou de motte de Presles. Depuis des siècles, l’étrangeté de sa position et le mystère qui l’entoure ont excité l’imagination du peuple aussi bien que des lettrés. La famille Sand s ‘est intéressée à ce site. Maurice Sand en particulier, féru d’études celtiques, y a campé un roman fantastique, « Callirhoé », introuvable aujourd’hui. Tumulus ou motte? Maurice Sand, en proie à l‘imagination, avait tranché sans ambiguïté en faveur du tumulus. Nos connaissances plus récentes nous laissent plutôt penser que Presles est une motte féodale, l’une des mieux conservées du département de l’Indre. Françoise Baizard-Dorsemaine, passionnée par le personnage et l ‘oeuvre de Maurice Sand, nous en dit plus long sur cette étrange butte de Presles. Le goût des romans fantastiques ou de fiction n’est pas une innovation. « Le roman de la momie » de Théophile Gautier, les romans de Jules Verne ont fait les délices de notre jeunesse. Pourquoi les romans de Maurice Sand, « Callirhoé », « Le Coq aux cheveux d’or» ont-ils été oubliés? L’histoire de Callirhoé est localisée autour du tumulus ou motte de Presles. Maurice Sand imagine que là se trouve le tombeau d’une princesse merveilleuse, morte il y a 2500 ans. Ce roman passionnant nous a donné l’idée d’en savoir plus au sujet de cette énorme butte de terre qui se dresse près de Mers-sur-Indre. La famille Sand prêtait beaucoup d’intérêt à la motte de Presles. George Sand y avait trouvé des débris de poteries, de tuiles, des briques noircies. En septembre 1857, le prince Jérôme Napoléon est en visite à Nohant, incognito, et c’est au Magnet, puis à Presles, qu’on va l’emmener en promenade. Un tumulus était un tombeau Maurice Sand aux intérêts si éclectiques avait du goût, comme beaucoup de chercheurs de son époque pour les études celtiques. Sa mère aussi. Dans l’enthousiasme des premières découvertes, Georges Sand avait cru voir des dolmens aux Pierres Jaunâtres (près de Boussac). Le terme tumulus de Presles, ce qui suppose une tombe, était dans la tradition régionale. Mais on trouve aussi la motte de Presles et même la « morte de Presles », dans la bouche des paysans (1). Avouons, qu’il y a là, de quoi exciter l’imagination débordante de Maurice Sand et la nôtre aussi. Celle de M. Touratier, le fut également. Nous tirons les renseignements suivants de son étude (2). En 1862, on fait des fouilles à Carnac et le conservateur au musée du lieu conclut « La destination des tumulus était bien prouvée, c’étaient des tombeaux. Les fouilles faites ont confirmé ces faits et en outre ont prouvé que les dolmens et les allées couvertes n’étaient que les cryptes de tumulus détruits. Le temps et le besoin du cultivateur d’avoir de la terre pour répandre dans ses champs sont le cause de leur mise à nu » (3). C’est bien ce qui arriva à Presles. Pendant des siècles, on préleva de la terre à cet endroit comme l’attestent différents arrêtés officiels : - Délibération du Conseil Général de l’Indre, du 3 novembre 1889 : «Le Conseil décide que désormais les gens qui prendront de la terre à la Motte de Presles devront payer 0,10 F par mètre cube de terre enlevée ». On peut imaginer la taille énorme de cette butte. Des légendes imprégnées de divin Ce haut monticule, en 1912, avait 170 m. de circonférence à la base et 26 m. d’apothème ou génératrice. Il a toujours excité l’imagination populaire et M. Touratier nous rapporte bien des légendes à ce sujet. « M. Gerbaud, colon à Presles, a “acouté dire” que “la Moutte” aurait été édifiée avec de la terre de la Berthenoux apportée à la hotte par des ouvriers gagnant un denier par jour ». M. Chatelain bourrelier au bourg, tenait de sa grand’mère « que “la Moutte” avait été élevée avec de la terre qu’une vieille femme allait chercher dans son tablier, aux Buttes de l’Age, commune de Jeu-les-Bois ». Le divin s’en mêlait parfois : les anciennes élèves de l’Ecole Congréganiste tenaient des religieuses que « le Paradis ayant été balayé, les “crasses” déposées à Presles formèrent le Tumulus ». Maurice Sand (1823-1889). Moins célèbre que sa maman George, il n ‘est pas moins un esprit fort brillant du XIXème siècle, un homme dont Taine a dit qu’il réunissait plusieurs hommes supérieurs en un seul. » Maurice était entre autres choses passionné par les études celtiques, fort à la mode à son époque (Photo Nadar) {mosimage} D’étranges récits Ces histoires, nous font rire, comme elles ont pu faire rire Maurice Sand. Mais l’illustrateur des « Légendes rustiques », grand amateur de fantastique, a été sûrement frappé par les histoires que l’on contait encore à la veillée: « Acoute donc... Le jour des Rameaux, quand le prêtre revient du cimetière et frappe trois coups avec la croix contre la porte de l’église, à l’instant précis où cette porte s’ouvre, le tumulus de Presles s’ouvre aussi, et laisse entrevoir un trésor d’une richesse inouïe où l’or rutile et les diamants scintillent. Le tumulus se referme en même temps que la porte de l’église. C’est ainsi qu’un homme du domaine de Presles, tenté par ces richesses, y fut piégé. Miracle ! on le retrouva vivant l’année suivante ! » Une variante de l’histoire est plus morbide. C’est un enfant qui se serait trouvé enfermé et l’année suivante, un chien noir s’échappa du tombeau où l’enfant gisait à demi dévoré. Le chien noir et son maître Karnach ou Carnat rôde dans le roman de Maurice Sand. Tumulus ou motte ? Ou peut-être les deux? La question s’est posée dans les siècles passés. De Raynal écrit dans « L’Histoire du Berry » (4), qu’ « en différents lieux, on retrouve des monuments de terres rapportées et de forme conique, tumuli ou tombelles, qui paraissent être d’anciens tombeaux. » A. Joanne, dans sa géographie de l’Indre (5), ajoute : « Près de Mers, non loin du confluent de l’ Indre et de la Vauvre, on remarque aussi une de ces tombelles, vastes amas de terre, qui recouvrait, sans doute les restes de vaillants guerriers ou de chefs de tribus.» Les entrailles de la butte conservent leurs mystères Ce qui est certain, c’est qu’aux alentours de la butte, on trouve des traces de la présence romaine à Jeu-les-Bois, à Villemongin, voies pavées, restes de tours, de villas. Des pièces de monnaie trouvées dans les champs environnants par des cultivateurs ont été remises à M. Touratier. Une pierre en forme de meule incurvée, sorte de mortier a été remise au sous-préfet de la Châtre, M. Damour, vers 1870. Elle serait analogue à celles dont se servaient les peuples primitifs pour écraser le blé. Mais personne n’a jamais fouillé dans les entrailles de la butte pour y retrouver quoi que ce soit. S’il est difficile d’établir l’origine de la butte en tant que tumulus, il est aussi difficile de trouver les origines de la motte. En 1912, Eugène Hubert, archiviste du département de l’Indre, n’a pu noter les propriétaires de la terre de Presles avant 1176. A cette date, elle appartenait à Evrard de Presles et était « l’une des plus considérables de la contrée et sa juridiction l’une des plus étendues >. On parle alors de la ville de Presles. Bien que non spécialistes, nous avançons que peut-être, il s’agit d’une transformation du mot villa, plutôt que d’une ville réelle. Ce serait la liaison avec l’époque gallo-romaine. Les archives nous parlent d’un « château de Presles » Il est certain, en tous cas, que nous avons à faire à la motte d’un ancien château féodal Outre les relevés topographiques qui marquent la place des fossés entourant la motte, les archives ont gardé des renseignements précieux sur le château de Presles (6). M. Touratier a trouvé un « aveu et dénombrement du 15 août 1457, par noble homme Louis Guérin, écuyer, seigneur de Presles, à Guy de Chauvigny de son château et châtellenie de Presles... » Différents relevés laisseraient entendre qu’à cette date le château de Presles n’était pas plus en ruines que celui du Magnet. Par contre en 1567, les mêmes archives laissent comprendre que le château de Presles était écroulé ou démoli. On ne trouve plus ensuite à l’examen du cadastre, que la mention « La motte de Presles, pacage ». Cependant, malgré la destruction du château, la seigneurie avait été élevée en marquisat comme le prouve un document de 1757 qui fait mention de Pierre Jean François de la Porte, chevalier, marquis de Presles, Mers, etc., conseiller du Roi. La liste interminable des droits seigneuriaux existe ainsi que celle des vingt-deux fiefs dépendants de la seigneurie. Les lettres patentes, portant érection de Presles en faveur de Pierre Jean François de la Porte, existent aussi datées de 1748. Pour ces longues listes, nous renvoyons le lecteur à l’étude de M. Touratier qui avance que, peut-être, la motte aurait pu être érigée sur le tumulus. Ceci s’appuie sur l’étude d’Eugène Hubert (7) qui trouve un précédent dans l’Indre avec la Tour Blanche d’Issoudun : « Ce donjon d’une forme rare a été construit sur un monticule élevé de mains d’hommes et sur les ruines d’un temple chrétien », écrit-il. L’une des mottes féodales les mieux conservées Gérard Coulon, conservateur du musée d’Argentomagus, indique qu’aucune recherche récente n’a été entreprise et que notre seule certitude est que la butte de Presles est une motte féodale et l’une des mieux conservées du département. L’intérêt que M. Touratier a porté à la motte de Presles a incité le conseil municipal de Mers à voter le 19 février 1913 un arrêté interdisant le prélèvement de terre à cet endroit. Il était temps car on estime qu’au moins un tiers des matériaux avait été prélevé. Peut-être que notre curiosité actuelle réveillera l’intérêt de gens compétents au sujet de ce « site » qui, en dehors de son intérêt archéologique, peut être considéré comme une curiosité touristique. On peut d’ailleurs y accéder librement. Cela aidera-t-il quelques amoureux de l’imaginaire à lire l’histoire de Callirhoé. la belle princesse étrusque. Quand rendrons-nous à Maurice Sand la place qu’il devrait occuper dans les domaines artistiques et scientifiques? « Cet être d’élite, cet homme rare, qui réunissait, dit Taine plusieurs hommes supérieurs en un seul ». Françoise BALZARD-DORSEMAINE Le tumulus ou motte de Presles au début du siècle. Pendant très longtemps, les habitants du voisinage ne se sont pas privés d’y venir puiser de la terre, et il fallut attendre 1913 pour qu’un arrêté du conseil municipal de Mers-sur-Indre fît interdire ces prélèvements. Il était temps car environ un tiers de la butte avait déjà disparu (ColI. Gérard Coulon). La butte de Presles que nous voyons ici depuis la rive de l’indre appartient à la commune de Mers-sur-Indre. L’accès y est libre sous réserve de ne pas ennuyer les animaux qui peuvent pâturer aux alentours. Pour s’y rendre, à partir de Mers, prendre la route de Saint-Août. Au lieu-dit « Presles », on aperçoit la butte en contrebas. L’endroit est riche de lieux typiquement sandiens: le château du Magnet se trouve à proximité, de même que la Mare au Diable, entre les bois du Magnet et de Chanteloube, reconstituée par les soins de la commune de Mers -sur-Indre. En résumé, un bel objectif de promenade dominicale." (I) La motte est une butte de terre sur laquelle on élevait un tour de défense dans le haut moyen-âge. (2) « Le tumulus ou motte de Presles». Montu, La Châtre. 1912. (3) « Monuments mégalithiques de Carnac et de Locmariaquer ». Maurice Sand était en liaison avec les sociétés archéologiques de Bretagne. (4) Tome I,p2223. (5) Hachette, 1895. (6) Inventaire des archives départementales antérieur à 197)). Série A. apanage du comte d’Artois. (7) Monuments historiques de l’indre. Revue du Centre (mars, avril 1895). www.mers-sur-indre.fr/index.php/tumulus/84-tumulus
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The surroundings of La Mare au Diable (The Devil's pond). Here occurs an episode of the eponymous novel (1846) by George Sand. Mers-sur-Indre, France
par JLPC
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Le site de La Mare au Diable, dans le bois de Chanteloube, où se déroule un épisode du roman éponyme (1846) de George Sand. Mers-sur-Indre, Indre, (France).
par JLPC
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Château du Magnet, cité par G. Sand dans La Vallée-Noire : « Le petit castel du Magnié, les jardins et les bois si bien plantés et si bien situés qui l’entourent, son air d’abandon, son silence et sa poésie, ont bien aussi leur mérite. »
par Isaac Sanolnacov
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Mers-sur-Indre (Indre) La Mare au diable dans le bois de Chanteloube. Resté veuf avec trois enfants, Germain pressé par son beau-père de se remarier part, à quelques lieues, rendre visite à une veuve qui serait un bon parti. Il est accompagné par un de ses fils et par Marie, une jeune fille du pays, qui doit se placer dans une ferme proche de l'habitation de la veuve. Un orage les oblige à se réfugier dans la forêt de Chanteloube. Ils passent toute la nuit près d'une mare qui est enchantée. Germain n'est pas le seul prétendant auprès de la veuve qui joue les coquettes. Il repart donc chercher son fils qu'il a confié à Marie. Mais Marie a fui la ferme où le propriétaire a tenté d'abuser d'elle. Germain recherche Marie et son fils dans la forêt: "Germain se retrouva bientôt à l’endroit où il avait passé la nuit au bord de la mare. Le feu fumait encore ; une vieille femme ramassait le reste de la provision de bois mort que la petite Marie y avait entassée. Germain s’arrêta pour la questionner. Elle était sourde et, se méprenant sur ses interrogations : — Oui, mon garçon, dit-elle, c’est ici la Mare au Diable. C’est un mauvais endroit et il ne faut pas en approcher sans jeter trois pierres dedans de la main gauche, en faisant le signe de la croix de la main droite : ça éloigne les esprits. Autrement il arrive des malheurs à ceux qui en font le tour. — Je ne vous parle pas de ça, dit Germain en s’approchant d’elle et en criant à tue-tête : N’avez-vous pas vu passer dans le bois une fille et un enfant ? — Oui, dit la vieille, il s’y est noyé un petit enfant ! Germain frémit de la tête aux pieds ; mais heureusement, la vieille ajouta : — Il y a bien longtemps de ça ; en mémoire de l’accident on y avait planté une belle croix ; mais, par une belle nuit de grand orage, les mauvais esprits l’ont jetée dans l’eau. On peut en voir encore un bout. Si quelqu’un avait le malheur de s’arrêter ici la nuit, il serait bien sûr de ne pouvoir jamais en sortir avant le jour. Il aurait beau marcher, marcher, il pourrait faire deux cents lieues dans le bois et se retrouver toujours à la même place. —" (La Mare au diable - George Sand - 1846)
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Mers-sur-Indre (Indre) Le château du Magnet. L’histoire du château du Magnet, "Magnet" ou “Magné” dans sa période féodale est liée à celle de la Motte de Presles, située aussi sur la Commune de Mers-sur-Indre. L’origine de la seigneurie du Magnet reste inconnue, on suppose qu’elle réside dans le dédoublement de la terre de Presles. Dans un testament de 1507, Louise de Giac était qualifiée de “dame de Montipouret et du Magné”. Elle tenait ses terres de sa mère Jeanne de Naillac mariée à Pierre II de Giac, tous deux morts tragiquement. Pierre de Giac était premier chambellan de Charles VII. Jeanne de Naillac tomba enceinte du duc de Bourgogne (Jean sans Peur qui sera assassiné sur le pont de Montereau lors d'une entrevue avec le futur Charles VII), dont elle était une des maîtresses. Elle fut tuée* par son mari qui la transporta empoisonnée blessée et de nuit attachée à la croupe de son cheval durant 15 lieues*. Pierre de Giac sera nommé par Charles VII maître des finances puis chef du conseil du roi. Ses rapines* sur la courones et ses conseils désastreux finirent par le faire arrêter (à Issoudun le 8 février 1427) et il sera rapidement jugé et exécuté par noyade* à Dun-le-Roi (Cher). A la suite de son mariage avec Louise de Giac (fille de Jeanne de Naillac), Jacques de la Queuille devient propriétaire du fief du Magnet. L'arrière petit fils de Jacques de la Queille, François, rachète la seigneurie de Presles en 1518, mais dans son aveu et dénombrement de 1507 nous précise que “chastel, maison et place-forte” de Presles était alors en ruines et que par contre, existait au Magnet “un grand et beau chastel, et maison-fort, avec tours et machicoulis". (Site de Mers-sur-Indre) Se succéderont alors plusieurs familles (Genouillac, de la Châtre). Situé tout près de la Mare au diable*, le château du Magnet fut remanié de nombreuses fois jusqu’à la fin du XIXe siècle. George Sand y fait allusion dans son livre La Vallée Noire. Elle y décrit la région: "C'est un pays de petite propriété, et c'est à son morcellement qu'il doit son harmonie. Le morcellement de la terre n'est pas mon idéal social ; mais, en attendant le règne de la fraternité, qui n'aura pas de raisons pour abattre les arbres et priver le sol de sa verdure, j'aime mieux ces petits lots divisés où subsistent les familles indépendantes, que les grandes terres où le cultivateur n'est pas chez lui, et où rien ne manque, si ce n'est l'homme." Le château finit par échoir, par héritage au jeune aristocrate Paul Josselin Lionel de Moreton de Chabrillan (30 novembre 1818 - 29 décembre 1858 à Melbourne, en Australie, où il était agent consulaire), qui épouse en 1858 l'artiste Céleste Mogador (1824-1909). Céleste Vénard nait à Paris, dans le quartier du Temple (rue du Pont-aux-Choux), le 27 décembre 1824. A six ans elle perd son père et y gagne un beau-père violent. Sa mère modiste (ou blanchisseuse) s'occupe guère de sa fille. A 16 ans, elle fréquente les Lorettes*, et débute comme danseuse au Théâtre du Cirque ou Cirque-Olympique. En 1850, danseuse au Bal Mabille*, elle imagine le "quadrille"*. Son nom de théâtre de Mogador* lui aurait été donné par son parrain Brididi*, le "danseur par excellence du Bal Mabille", selon Fiorantino* (cité par Baudelaire dans ses Oeuvres Complètes). Privat d'Anglemont, dans un livre sur le Prado, disait de Céleste Mogador, dont il louait les audacieuses proportions, pareilles aux cariatides michelangesques: " Sa danse est rythmée carrément, comme les vers d'Hugo et la musique de Berlioz." Au moins! Elle rencontre quelques années plus tard le comte Lionel de Moreton Chabrillan. Le jeune aristocrate l'invite au château du Magnet dont il vient d'hériter, dans l'Indre. Les séjours des deux amants au Magnet furent souvent interrompus par des brouilles passagères. Céleste Mogador avait de grands goûts et aimait la grande vie, le comte fut bientôt ruiné et dû vendre le Magnet en 1851 à Ernest Simons. Un chêne baptisé Mogador a été planté à l'entrée du bois. En 1854, Lionel de Moreton, comte de Chabrillan, petit fils du duc de Choiseul, épousait Céleste Mogador, au grand dam de toute sa famille, et l'emmenait à Melbourne, où il était consul. La réputation sulfureuse de Céleste Mogador y avait précédé le couple; les salons de la ville australienne lui furent fermés. Le comte mourut à Melbourne et céleste Mogador rentra en France. Sa veuve sut rester digne du grand nom qu'elle portait. Elle compléta une instruction rudimentaire et, menacée par la pauvreté, elle se mit à écrire des romans pour se créer honnêtement des ressources: les Voleurs d'or (1857); Sapho (1858); Miss Powel (1859); Est-il fou? (1860); Un miracle à Vichy (1861). Elle prit en 1865, la direction du théâtre les Folies-Marigny, elle fit faillite. Elle reprit la plume, et publia les "Mémoires d'une honnête fille"*, en 1865. Elle écrivit également de nombreuses pièces. Pendant le siège (1870), propriétaire au Vésinet, elle créa un corps d'infirmières militaires. La Comtesse mourut le 17 février 1909 à l'Asile de la Providence,rue des Martyrs à Paris, où elle avait été recueillie. (Michel Pauliex - histoire du Vésinet) Ernest Simons (armateur), en Angleterre pendant la guerre, ne revint pas au Magnet et vendit le château à madame Guérineau, en 1946. Le Château Du Magnet est maintenant un hébergement de vacances, localisé Route de Fourche à Mers-sur-Indre. Pierre de Giac empoisonna sa femme dans le donjon de Châteaugay (près de Riom). Giac empoisonna Jehanne, puis, la trouvant trop longue à trépasser, l'attacha à lui à la croupe d'un cheval qui fit galoper sur une quinzaine de lieues, mortissant à coup sur, elle et l'enfant qu'elle portait. (GRUEL. (Guillaume.). : « Chroniques d'Artus III duc de Richemont » Editions Panthéon Litt. Page 416.) En mai 1426, les états généraux de Mehun-sur-Yèvre votent des subsides pour l'expédition d'Arthur III de Bretagne. Pierre de Giac en détourne l'essentiel. Le 8 février 1427, Pierre de Giac sera cousu dans un sac et noyé dans la rivière à Dun-le-Roi. On le sortira ensuite de l'eau pour lui donner une sépulture décente. Il sera exécuté en présence Georges de La Trémoille (seigneur de Sully) qui épousera sa veuve Catherine de L'Isle Bouchard (épousée par Pierre de Giac en secondes noces). Un épisode de la série télévisée "l'histoire dépasse la fiction" (1960) relate la vie de Pierre de Giac (Pierre de Giac qui vendit son âme au diable, de Jean Kerchbron, avec Françoise Fabian, Marcel Bozzufi, Marcel Lupovici en Pierre de Giac). La Mare au diable, roman de George Sand. La Mare au diable est située près de Mers-sur-Indre. Lorettes : prostituées du quartier Notre-Dame-de-Lorette. Bal Mabille: Le Bal Mabille était un établissement de danse fondé en 1831 par un professeur de danse du faubourg Saint-Honoré. A partir de 1844, c'est le lieu de réunion des viveurs, des cocottes et des lionnes. On y verra, en danseuses vedettes, Céleste Mogador, "Nini patte l'air", Pomaré qui y créa la polka, Rigolboche, etc. Frappé par des obus pendant le siège de Paris, le Bal Mabille ferma en 1875. Quadrille: Le quadrille des bals publics du XIX ème est éloigné du quadrille de cour. Les figures sont simplifiées et le rythme effréné. Cet avatar du quadrille prendra les noms de "chahut" ou "cancan" ou "coincoin". A l'époque, les femmes portaient robe longue, et culotte fendue pour les commodités. En levant la jambe, les danseuses offraient aux curieux une vision de la "vie parisienne" qui attirait beaucoup les étrangers. En s'inspirant de cette danse, un entrepreneur de spectacles londonien invente un spectacle: le french cancan, accompagné d'airs d'Offenbach. Mogador: "On s'était, entre deux quadrilles, battu pour elle (les danseuses du Mabille), et Brididi, son parrain Brididi, autre héros des danses préhistoriques, ayant crié "Je la prends sous ma protection et la défendrai comme Mogador !" ce nom de Mogador, illustré alors par le bombardement du prince de Joinville, resta comme un apanage à Céleste Vénard dont la beauté comme la danse devint célèbre'. (Œuvres complètes de Jules Claretie - Profils de théâtre, chez E. Fasquelle - 1904) Une autre version est donnée par Auguste Vitu : "comme un jour de victoire le jour où "élancée comme une guêpe, flexible comme une branche de saule, en robe prune de Monsieur, la brune Mogador reçut son nom, le jeudi 26 septembre 1844 à neuf heures du soir !" "On me bombardait de bouquets comme Mogador", dit-elle. Il y eut deux camps. D'un côté on criait: Vive Pomaré ! (Pomaré, une autre danseuse du Mabille). De l'autre: Vive Mogador ! Brididi : Brididi était un honnête fleuriste de la rue Ponceau. Henri Heine disait de lui : "Sa pantomime est un persiflage spirituel de tout ce qu'il y a de plus saint dans la société : la loi et l'amour." (Les Mémoires du bal Mabille, par Paul Mahalin,édition Ligaran) "Ces jours derniers, par une belle et tiède soirée, un flâneur de nos amis, après avoir fait deux ou trois tours dans un de ces jardins d'été dont la mère défend l'entrée à sa fille, se disposait à sortir, lorsqu'il fut arrêté tout à coup par un grand cercle de femmes, d'hommes et de gardes municipaux. Notre ami s'approcha du groupe, pria poliment un sergent de ville de déranger un peu son tricorne, et par dessus le triple rang des mantelets qui couvraient de bien jolies épaules, il aperçut un jeune homme de petite taille, d'une physionomie spirituelle et vive, qui ne regardait personne, et que tout le monde regardait. Ce jeune homme, que la foule appelait Brididi, sautait, dansait, pirouettait d une façon si gaie, si preste, si amusante et si neuve, que notre ami frappé d'admiration eut la fantaisie d'esquisser son portrait, et de le tirer à 26000 exemplaires. Il dit en souriant: Je veux que Brididi soit; Et Brididi fut! Pendant trois jours entiers, dans ce Paris où tout passe excepté la polka! - on ne s'occupa que de Brididi. Les journaux publiaient des articles sur le grand artiste, les salons s'informaient de son âge, de sa figure, de son origine; les enfans demandaient à leur mère: Maman qu'est ce que c'est que Brididi? Un romancier, un poète, un musicien, un dentiste eussent donné dix années de leur vie pour avoir dix colonnes au rez de d'un grand journal! Vous croyez peut être que le danseur à qui cette célébrité tombait des nues en fut ravi? Vous connaissez bien peu le cœur humain, et le cœur des Brididi en particulier. M. Brididi entre d'abord dans une grande colère; il voulait se couper la gorge à tout prix avec l'indiscret qui livrait ainsi son nom à l'admiration de la France. C'est la première idée qu'ont les gens dont vous dites du bien.- Je ne veux pas qu'on me loue, moi! s'écriait Brididi avec fureur, je ne veux pas qu'on me trouve charmant! c'est une calomnie; j ai le droit, ce me semble, de m'amuser chez moi comme je l'entends (Brididi croit chez lui au bal Mabille) sans que le feuilleton vienne fourrer son nez. Il ya des lois en France! Il ne doit pas être plus permis de traiter quelqu'un de grand homme que de l'appeler polisson. " (La France Musicale-supplément du 11 octobre 1846 - p 325) Fiorantino: ecrivain italien né a naples 1809 mort a paris 1864 collaborateur d'Alexandre Dumas. "Les Mémoires de Céleste de Chabrillan" (The french Consul's Wife) sont régulièrement réédités en Australie et constituent un exemple de la littérature française. Une version de "Un deuil au bout du Monde" (1877) sert aux étudiants australiens à apprendre le français.
par Thesupermat2
(CC BY 2.0)
Mers-sur-Indre (Indre) Le château du Magnet. L’histoire du château du Magnet, "Magnet" ou “Magné” dans sa période féodale est liée à celle de la Motte de Presles, située aussi sur la Commune de Mers-sur-Indre. L’origine de la seigneurie du Magnet reste inconnue, on suppose qu’elle réside dans le dédoublement de la terre de Presles. Dans un testament de 1507, Louise de Giac était qualifiée de “dame de Montipouret et du Magné”. Elle tenait ses terres de sa mère Jeanne de Naillac mariée à Pierre II de Giac, tous deux morts tragiquement. Pierre de Giac était premier chambellan de Charles VII. Jeanne de Naillac tomba enceinte du duc de Bourgogne (Jean sans Peur qui sera assassiné sur le pont de Montereau lors d'une entrevue avec le futur Charles VII), dont elle était une des maîtresses. Elle fut tuée* par son mari qui la transporta empoisonnée blessée et de nuit attachée à la croupe de son cheval durant 15 lieues*. Pierre de Giac sera nommé par Charles VII maître des finances puis chef du conseil du roi. Ses rapines* sur la courones et ses conseils désastreux finirent par le faire arrêter (à Issoudun le 8 février 1427) et il sera rapidement jugé et exécuté par noyade* à Dun-le-Roi (Cher). A la suite de son mariage avec Louise de Giac (fille de Jeanne de Naillac), Jacques de la Queuille devient propriétaire du fief du Magnet. L'arrière petit fils de Jacques de la Queille, François, rachète la seigneurie de Presles en 1518, mais dans son aveu et dénombrement de 1507 nous précise que “chastel, maison et place-forte” de Presles était alors en ruines et que par contre, existait au Magnet “un grand et beau chastel, et maison-fort, avec tours et machicoulis". (Site de Mers-sur-Indre) Se succéderont alors plusieurs familles (Genouillac, de la Châtre). Situé tout près de la Mare au diable*, le château du Magnet fut remanié de nombreuses fois jusqu’à la fin du XIXe siècle. George Sand y fait allusion dans son livre La Vallée Noire. Elle y décrit la région: "C'est un pays de petite propriété, et c'est à son morcellement qu'il doit son harmonie. Le morcellement de la terre n'est pas mon idéal social ; mais, en attendant le règne de la fraternité, qui n'aura pas de raisons pour abattre les arbres et priver le sol de sa verdure, j'aime mieux ces petits lots divisés où subsistent les familles indépendantes, que les grandes terres où le cultivateur n'est pas chez lui, et où rien ne manque, si ce n'est l'homme." Le château finit par échoir, par héritage au jeune aristocrate Paul Josselin Lionel de Moreton de Chabrillan (30 novembre 1818 - 29 décembre 1858 à Melbourne, en Australie, où il était agent consulaire), qui épouse en 1858 l'artiste Céleste Mogador (1824-1909). Céleste Vénard nait à Paris, dans le quartier du Temple (rue du Pont-aux-Choux), le 27 décembre 1824. A six ans elle perd son père et y gagne un beau-père violent. Sa mère modiste (ou blanchisseuse) s'occupe guère de sa fille. A 16 ans, elle fréquente les Lorettes*, et débute comme danseuse au Théâtre du Cirque ou Cirque-Olympique. En 1850, danseuse au Bal Mabille*, elle imagine le "quadrille"*. Son nom de théâtre de Mogador* lui aurait été donné par son parrain Brididi*, le "danseur par excellence du Bal Mabille", selon Fiorantino* (cité par Baudelaire dans ses Oeuvres Complètes). Privat d'Anglemont, dans un livre sur le Prado, disait de Céleste Mogador, dont il louait les audacieuses proportions, pareilles aux cariatides michelangesques: " Sa danse est rythmée carrément, comme les vers d'Hugo et la musique de Berlioz." Au moins! Elle rencontre quelques années plus tard le comte Lionel de Moreton Chabrillan. Le jeune aristocrate l'invite au château du Magnet dont il vient d'hériter, dans l'Indre. Les séjours des deux amants au Magnet furent souvent interrompus par des brouilles passagères. Céleste Mogador avait de grands goûts et aimait la grande vie, le comte fut bientôt ruiné et dû vendre le Magnet en 1851 à Ernest Simons. Un chêne baptisé Mogador a été planté à l'entrée du bois. En 1854, Lionel de Moreton, comte de Chabrillan, petit fils du duc de Choiseul, épousait Céleste Mogador, au grand dam de toute sa famille, et l'emmenait à Melbourne, où il était consul. La réputation sulfureuse de Céleste Mogador y avait précédé le couple; les salons de la ville australienne lui furent fermés. Le comte mourut à Melbourne et céleste Mogador rentra en France. Sa veuve sut rester digne du grand nom qu'elle portait. Elle compléta une instruction rudimentaire et, menacée par la pauvreté, elle se mit à écrire des romans pour se créer honnêtement des ressources: les Voleurs d'or (1857); Sapho (1858); Miss Powel (1859); Est-il fou? (1860); Un miracle à Vichy (1861). Elle prit en 1865, la direction du théâtre les Folies-Marigny, elle fit faillite. Elle reprit la plume, et publia les "Mémoires d'une honnête fille"*, en 1865. Elle écrivit également de nombreuses pièces. Pendant le siège (1870), propriétaire au Vésinet, elle créa un corps d'infirmières militaires. La Comtesse mourut le 17 février 1909 à l'Asile de la Providence,rue des Martyrs à Paris, où elle avait été recueillie. (Michel Pauliex - histoire du Vésinet) Ernest Simons (armateur), en Angleterre pendant la guerre, ne revint pas au Magnet et vendit le château à madame Guérineau, en 1946. Le Château Du Magnet est maintenant un hébergement de vacances, localisé Route de Fourche à Mers-sur-Indre. Pierre de Giac empoisonna sa femme dans le donjon de Châteaugay (près de Riom). Giac empoisonna Jehanne, puis, la trouvant trop longue à trépasser, l'attacha à lui à la croupe d'un cheval qui fit galoper sur une quinzaine de lieues, mortissant à coup sur, elle et l'enfant qu'elle portait. (GRUEL. (Guillaume.). : « Chroniques d'Artus III duc de Richemont » Editions Panthéon Litt. Page 416.) En mai 1426, les états généraux de Mehun-sur-Yèvre votent des subsides pour l'expédition d'Arthur III de Bretagne. Pierre de Giac en détourne l'essentiel. Le 8 février 1427, Pierre de Giac sera cousu dans un sac et noyé dans la rivière à Dun-le-Roi. On le sortira ensuite de l'eau pour lui donner une sépulture décente. Il sera exécuté en présence Georges de La Trémoille (seigneur de Sully) qui épousera sa veuve Catherine de L'Isle Bouchard (épousée par Pierre de Giac en secondes noces). Un épisode de la série télévisée "l'histoire dépasse la fiction" (1960) relate la vie de Pierre de Giac (Pierre de Giac qui vendit son âme au diable, de Jean Kerchbron, avec Françoise Fabian, Marcel Bozzufi, Marcel Lupovici en Pierre de Giac). La Mare au diable, roman de George Sand. La Mare au diable est située près de Mers-sur-Indre. Lorettes : prostituées du quartier Notre-Dame-de-Lorette. Bal Mabille: Le Bal Mabille était un établissement de danse fondé en 1831 par un professeur de danse du faubourg Saint-Honoré. A partir de 1844, c'est le lieu de réunion des viveurs, des cocottes et des lionnes. On y verra, en danseuses vedettes, Céleste Mogador, "Nini patte l'air", Pomaré qui y créa la polka, Rigolboche, etc. Frappé par des obus pendant le siège de Paris, le Bal Mabille ferma en 1875. Quadrille: Le quadrille des bals publics du XIX ème est éloigné du quadrille de cour. Les figures sont simplifiées et le rythme effréné. Cet avatar du quadrille prendra les noms de "chahut" ou "cancan" ou "coincoin". A l'époque, les femmes portaient robe longue, et culotte fendue pour les commodités. En levant la jambe, les danseuses offraient aux curieux une vision de la "vie parisienne" qui attirait beaucoup les étrangers. En s'inspirant de cette danse, un entrepreneur de spectacles londonien invente un spectacle: le french cancan, accompagné d'airs d'Offenbach. Mogador: "On s'était, entre deux quadrilles, battu pour elle (les danseuses du Mabille), et Brididi, son parrain Brididi, autre héros des danses préhistoriques, ayant crié "Je la prends sous ma protection et la défendrai comme Mogador !" ce nom de Mogador, illustré alors par le bombardement du prince de Joinville, resta comme un apanage à Céleste Vénard dont la beauté comme la danse devint célèbre'. (Œuvres complètes de Jules Claretie - Profils de théâtre, chez E. Fasquelle - 1904) Une autre version est donnée par Auguste Vitu : "comme un jour de victoire le jour où "élancée comme une guêpe, flexible comme une branche de saule, en robe prune de Monsieur, la brune Mogador reçut son nom, le jeudi 26 septembre 1844 à neuf heures du soir !" "On me bombardait de bouquets comme Mogador", dit-elle. Il y eut deux camps. D'un côté on criait: Vive Pomaré ! (Pomaré, une autre danseuse du Mabille). De l'autre: Vive Mogador ! Brididi : Brididi était un honnête fleuriste de la rue Ponceau. Henri Heine disait de lui : "Sa pantomime est un persiflage spirituel de tout ce qu'il y a de plus saint dans la société : la loi et l'amour." (Les Mémoires du bal Mabille, par Paul Mahalin,édition Ligaran) "Ces jours derniers, par une belle et tiède soirée, un flâneur de nos amis, après avoir fait deux ou trois tours dans un de ces jardins d'été dont la mère défend l'entrée à sa fille, se disposait à sortir, lorsqu'il fut arrêté tout à coup par un grand cercle de femmes, d'hommes et de gardes municipaux. Notre ami s'approcha du groupe, pria poliment un sergent de ville de déranger un peu son tricorne, et par dessus le triple rang des mantelets qui couvraient de bien jolies épaules, il aperçut un jeune homme de petite taille, d'une physionomie spirituelle et vive, qui ne regardait personne, et que tout le monde regardait. Ce jeune homme, que la foule appelait Brididi, sautait, dansait, pirouettait d une façon si gaie, si preste, si amusante et si neuve, que notre ami frappé d'admiration eut la fantaisie d'esquisser son portrait, et de le tirer à 26000 exemplaires. Il dit en souriant: Je veux que Brididi soit; Et Brididi fut! Pendant trois jours entiers, dans ce Paris où tout passe excepté la polka! - on ne s'occupa que de Brididi. Les journaux publiaient des articles sur le grand artiste, les salons s'informaient de son âge, de sa figure, de son origine; les enfans demandaient à leur mère: Maman qu'est ce que c'est que Brididi? Un romancier, un poète, un musicien, un dentiste eussent donné dix années de leur vie pour avoir dix colonnes au rez de d'un grand journal! Vous croyez peut être que le danseur à qui cette célébrité tombait des nues en fut ravi? Vous connaissez bien peu le cœur humain, et le cœur des Brididi en particulier. M. Brididi entre d'abord dans une grande colère; il voulait se couper la gorge à tout prix avec l'indiscret qui livrait ainsi son nom à l'admiration de la France. C'est la première idée qu'ont les gens dont vous dites du bien.- Je ne veux pas qu'on me loue, moi! s'écriait Brididi avec fureur, je ne veux pas qu'on me trouve charmant! c'est une calomnie; j ai le droit, ce me semble, de m'amuser chez moi comme je l'entends (Brididi croit chez lui au bal Mabille) sans que le feuilleton vienne fourrer son nez. Il ya des lois en France! Il ne doit pas être plus permis de traiter quelqu'un de grand homme que de l'appeler polisson. " (La France Musicale-supplément du 11 octobre 1846 - p 325) Fiorantino: ecrivain italien né a naples 1809 mort a paris 1864 collaborateur d'Alexandre Dumas. "Les Mémoires de Céleste de Chabrillan" (The french Consul's Wife) sont régulièrement réédités en Australie et constituent un exemple de la littérature française. Une version de "Un deuil au bout du Monde" (1877) sert aux étudiants australiens à apprendre le français.
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Mers-sur-Indre (Indre) La Mare au diable dans le bois de Chanteloube. Resté veuf avec trois enfants, Germain pressé par son beau-père de se remarier part, à quelques lieues, rendre visite à une veuve qui serait un bon parti. Il est accompagné par un de ses fils et par Marie, une jeune fille du pays, qui doit se placer dans une ferme proche de l'habitation de la veuve. Un orage les oblige à se réfugier dans la forêt de Chanteloube. Ils passent toute la nuit près d'une mare qui est enchantée. Germain n'est pas le seul prétendant auprès de la veuve qui joue les coquettes. Il repart donc chercher son fils qu'il a confié à Marie. Mais Marie a fui la ferme où le propriétaire a tenté d'abuser d'elle. Germain recherche Marie et son fils dans la forêt: "Germain se retrouva bientôt à l’endroit où il avait passé la nuit au bord de la mare. Le feu fumait encore ; une vieille femme ramassait le reste de la provision de bois mort que la petite Marie y avait entassée. Germain s’arrêta pour la questionner. Elle était sourde et, se méprenant sur ses interrogations : — Oui, mon garçon, dit-elle, c’est ici la Mare au Diable. C’est un mauvais endroit et il ne faut pas en approcher sans jeter trois pierres dedans de la main gauche, en faisant le signe de la croix de la main droite : ça éloigne les esprits. Autrement il arrive des malheurs à ceux qui en font le tour. — Je ne vous parle pas de ça, dit Germain en s’approchant d’elle et en criant à tue-tête : N’avez-vous pas vu passer dans le bois une fille et un enfant ? — Oui, dit la vieille, il s’y est noyé un petit enfant ! Germain frémit de la tête aux pieds ; mais heureusement, la vieille ajouta : — Il y a bien longtemps de ça ; en mémoire de l’accident on y avait planté une belle croix ; mais, par une belle nuit de grand orage, les mauvais esprits l’ont jetée dans l’eau. On peut en voir encore un bout. Si quelqu’un avait le malheur de s’arrêter ici la nuit, il serait bien sûr de ne pouvoir jamais en sortir avant le jour. Il aurait beau marcher, marcher, il pourrait faire deux cents lieues dans le bois et se retrouver toujours à la même place. —" (La Mare au diable - George Sand - 1846)
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Croix monumentale, classée, devant l'église de Montipouret
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Montipouret, Église, porte transept nord XVe siècle MH
par ManiacParisien
(CC BY-SA 3.0)
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